EN UN MOT

  • Louis Émond

CE serait bien de SE démêler

Deux homophones qui donnent bien du trouble à celles et ceux qui écrivent ou commentent sur les médias sociaux sont « ce » et « se ».


Les homophones, en passant, sont ces mots qui sonnent pareils mais qui, n'ayant pas le même sens, s'écrivent différemment.


Par exemple, SAIS, SAIT, S’EST, C’EST, CES et SES sont des homophones.


Mais les deux premiers étant le verbe "savoir" au présent de l'indicatif avec je ou tu (sais) et avec elle ou il (sait), ça se démêle quand même assez aisément.


Pour vous aider à différencier CE et SE, je vais commencer par SES et CES.


Dans « Paul a apporté ses pantoufles », il est clair que les pantoufles sont À LUI. Ça s'écrira donc SES pantoufles.


D'autre part, si on peut ajouter « là » après l'objet désigné ou si on pense que l'objet est « quelque chose que l'on montre » comme dans « Paul a apporté ces pantoufles-(là) ou ces pantoufles (que je vous montre) », on écrira CES.


Mais comment faire pour s’en souvenir?


Je donnais à mes élèves ce petit truc.


Pour désigner une chose que l'on possède, on utilise SES. Or, l’une des extrémités du S, celle du haut, va vers la chose alors que l'on peut imaginer que l’autre, celle du bas, est tournée « vers soi » : si c’est une chose qui est à soi, on écrit SES.

Par contre, si les deux extrémités du C pointent dans la même direction, il s'agit d'une chose que l’on montre : CES.


CE ou SE?


Ce qui nous ramène à CE et SE que l'on démêle un peu de la même manière.


S’il s’agit d’une action qui revient vers le sujet - il se lave les dents, elle se brosse les cheveux, Hortense se rend au bureau, cela ne se peut pas... - le S s'impose, puisque l’une de ses extrémités, celle du haut, va vers l’action alors que l’autre, celle du bas, est tournée vers le sujet : il SE questionne, elle SE trouve formidable, il SE nourrit, etc.


Par contre, les pointes du « C » de CE pointent toutes deux vers le verbe, aucune ne revient vers le sujet, on écrit donc : ce sera… ce fut… ce ne semblait pas… ce doit être...


Et si le son « ce » est suivi d’un NOM ou d'un ADJECTIF, pas de doute possible, c’est obligatoirement CE.

Ce garçon, ce calendrier, ce beau meuble, ce vieil agenda, ce balai, etc.


Un anglicisme pour terminer?


Il convient de dire « tenir pour acquis » et non « prendre pour acquis » qui est un calque de l’anglais « take for granted ».

Je tiens pour acquis que vous m'avez lu jusqu'au bout, ce qui est réjouissant.

Il y a de quoi se sentir fier de vous.


TEST


  1. Xavier a apporté (ses, ces) propres livres chez (ses, ces) parents.

  2. Rolande invite (ses, ces) personnes à (se, ce) laver les mains.

  3. Alain a démasqué (ce, se) prétendu spécialiste et (ce, se) fut la fin de la discussion sur l'immunité.

  4. Ginette (se, ce) demande si (se, ce) n'était pas pire avant.

  5. Monique et Germain ont préparé (ces, ses) plats et (se, ce) sont servi de (ce, se) livre où Josée partage (ses, ces) recettes (avec les, aux) Québécois.



RÉPONSES (Livre du maître!!!)


  1. ses - ses

  2. ces - se

  3. ce - ce

  4. se - ce

  5. ces (sinon, ça aurait été « leurs ») - se - ce - ses - avec les

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